L’oiseau rouge ?

Voilà déjà quelques mois que je m’intéresse à la littérature pour enfants et je pensais rédiger un blogue sur le sujet. C’est ma fille de quatre ans qui m’a décidé hier à me lancer : je taillais le rhododendron du jardin, quand elle apporta un album illustré et s’assit sur le premier barreau de l’échelle.

« Qu’est-ce que tu lis, ma chérie ?
— Je lis pas, je regarde les dessins.
— C’est intéressant ?
— Oui.
— Ça parle de quoi ?
— D’une princesse dans le désert… »

Minute ! Tourner les pages d’un livre pour en regarder les images, n’est-ce pas aussi lire ? Pas pour elle. Ni pour sa grande sœur, d’ailleurs. Un rapide sondage autour de moi m’apprit qu’il fallait des lettres formant des mots, des mots se combinant en phrases et des phrases s’articulant en paragraphes pour que lecture soit.

Et pourtant, en images ou en mots, la princesse se trouve toujours dans le désert, découvre une épée et part à l’aventure.

Le texte serait-il l’unique objet de la lecture ?

Puis, ne lisons-nous pas des cartes, des graphiques voire des partitions ? D’aucuns ne lisent-ils les lignes de la main, les entrailles des animaux… quand d’autres lisent les visages et les cœurs ?

Beaucoup de questions pour un premier billet qui se voulait présentatif. Les suivants apporteront peut-être des réponses, ou pas !.. mais parleront indubitablement de littérature pour la jeunesse, d’ici et d’ailleurs.

J’allais oublier : pourquoi « l’oiseau rouge » ? De tous les animaux qui peuplent les livres pour enfants, un chien ou un baudet aurait tout aussi bien pu convenir. L’animal aurait pu être vert, bleu, voire multicolore… Non ! J’ai tout simplement baptisé ce blogue du nom d’une revue pour la jeunesse créée au Japon au début du siècle dernier Suzuki Miekichi, sujet sur lequel je ne manquerai pas de revenir.